Lecture

U4 #2 suite et fin

Coucou ma petit licorne ! Comme promis, me revoici pour te parler des quatre livres de la série U4 ! J’ai déjà lu trois autres livres depuis que j’ai fini Koridwen, il est donc temps que je te raconte tout avant de mélanger mes lectures. J’ai passé tout de même trois mois dans l’apocalypse avec Stéphane, Yannis, Jules et Koridwen alors, je te rassure, mes souvenirs ne vont pas s’effacer d’un coup !

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8 mains

Comme je te le disais, il y a quatre auteurs, soit 8 mains (enfin normalement…). J’imagine que même si l’expérience a été enrichissante, ils ont dû rencontrer quelques difficultés pour évoluer dans un volume contraint et garder une ligne cohérente. Le style de chaque auteur sert énormément le tempérament des personnages. Ce changement de ton, de narration m’a beaucoup plu, je n’ai vraiment pas eu l’impression de répétition que je redoutais. C’était plutôt comme entrer dans la tête de chacun et tout ce qui a trait au mystérieux fonctionnement de notre matière grise me fascine, alors ça ne pouvait que me plaire. J’ai trouvé vraiment passionnant de découvrir les faiblesses, les forces, les obsessions et les fantômes de chacun. Cependant, je ne vais pas m’attarder plus longtemps sur l’expérience littéraire du côté des auteurs parce que j’ai beaucoup plus envie de te parler des personnages ! Ceci dit, si ce thème t’intéresse, tu trouveras quelques informations supplémentaire ici.

Mais où est passé le TROIS ?

Une petite anecdote rigolote avant d’entrer dans le vif du sujet (un peu de suspens ne fait pas mal non ?). Il faut savoir que les livres sont découpés en chapitres (heureusement !) mais aussi en grandes parties. Si je me souvient bien, il y en 3 ou 4 (la preuve qu’il me reste encore des chose à explorer !). A la lecture de Stéphane, je n’avais pas compris, ce n’est qu’en ouvrant les autres tomes que j’ai trouvé la réponse : ces grandes parties s’intitulent UN, DEUX, QUATRE. Au début, j’ai cru que c’était un découpage classique, un peu comme une pièce de théâtre, en actes. Mais cela ne marquait pas toujours une rupture dans l’histoire du personnage (au contraire d’ailleurs, je ne saisissait pas le rapport entre la continuité de l’action et cette page de séparation) et surtout, où avait bien pu passer la partie TROIS ? En fait, c’est tout simplement le rythme des rencontres des quatre héros. UN : chacun est isolé, démarre son aventure. DEUX : les binômes se forment. QUATRE : ce n’est pas une grande surprise si je te dit qu’ils se retrouvent tous étant donné qu’ils ont rendez-vous avec Chronos. Stéphane fait un bout de chemin avec Yannis et Jules partage un moment avec Koridwen.

L’histoire générale

Globalement j’ai trouvé l’ensemble plutôt cohérent. On se retrouve face à des adolescents confrontés au deuil, à la débrouille et à leurs sentiments en bataille. L’éclosion de l’épidémie est floue et le virus vraiment meurtrier. Rassure-toi, je crois que pour l’instant nous n’en connaissons pas qui puisse tuer si vite et se propager quand même… Ceci dit, l’épidémie reste relativement plausible, d’autant plus que l’année n’est pas précisée. L monde en réseau d’aujourd’hui, les déplacements rapides sur de longues distances, tout est réuni pour faciliter la contagion… L’histoire n’est pas futuriste pour autant et j’ai retrouvé les repères quotidiens et familiers que nous pourrions tous perdre en cas de catastrophe de cette ampleur. Bref, j’ai l’empathie facile et j’ai eu énormément de compassion pour les personnages, face au décès de leurs proches et à l’effondrement de la société qui nous fournit tout et sans laquelle tout est à réapprendre.

J’ai beau avoir en moyenne 10 ans de plus que les personnages, je pense qu’à leur place je n’en aurait pas mené large : où trouver de la nourriture, comment éviter les bande armées malveillantes pour lesquelles faire front dans ce moment difficile n’a pas l’air de faire partie des options et comment reconstruire quelque chose de nouveau quand quelques uns s’accroche à un système moribond qui ne peut en aucun cas s’adapter à la nouvelle donne…

En fait, j’aime beaucoup ces dystopies, et mon cerveau carbure pendant toute la lecture. C’est pareil pour les séries du genre (un jour je te parlerai de ma passion pour Daryl Dixon – et ma lente addiction à The Walking Dead, à moins que ça ne soit l’inverse ?). En fait, je trouve passionnant ce que l’on est capable de faire, d’abandonner et de reconstruire face à ce qui nous paraît insurmontable. Promis je ne te parlerai pas de psychologie, de toutes façons, je n’y connais rien : je m’émerveille seulement du subtile mélange d’animalité et de mystère complexe qui façonne chaque être humain.

Chacun son histoire : Stéphane et Yannis

Stéphane est dure, un peu comme la narration épurée et presque sèche de Vincent Villeminot. Elle a plutôt une approche clinique de la situation et sa froideur est en fait une armure derrière laquelle elle a enfoui les sentiments qui l’encombre dans sa quête pour retrouver son père. En fait, il me semble qu’elle fait ce qu’il faut pour survivre, je me retrouve beaucoup dans ses réflexions, la tempête intérieure qui l’agite alors qu’elle apparaît très stoïque à ses compagnons. Ses espoirs peuvent paraître feints et naïfs et j’ai eu l’impression qu’elle faisait taire son intuition. Je trouve qu’elle constitue un bon départ pour commencer la série, surtout si on souhaite avoir une vue de la situation sans filtre. Yannis joue finalement son ange bienveillant. Un peu comme celui qui apparaît en miniature sur l’épaule des héros pour contrebalancer le petit diable de l’autre côté. D’ailleurs ils vont partager un sacré bout de chemin ensemble (pas l’ange et le diablotin, je parle bien de Stéphane et Yannis !).

Le style poétique et très doux de Florence Hinckel contribue au flou qui règne dans l’esprit du garçon poursuivit par ses spectres, et pousse à s’interroger sur ce qu’il voit vraiment : est-il si différent des autres ou l’exprime-t-il différemment ? Ce personnage est vraiment d’une bonté rafraîchissante, il est la lueur qui persiste quand tout semble désespéré. D’ailleurs, le jour où j’ai fini ce livre j’étais avec ma maman, je n’ai pas hésité à le lui laisser tant j’avais envie de partager la gentillesse de Yannis. C’est d’ailleurs pour ça qu’il n’est pas à côté des autres livres sur mes photos, il est à plusieurs centaines de kilomètres ! (J’espère qu’elle lira ce livre et qu’il n’ira pas rejoindre la pile de tout ceux qui attendent qu’elle les ouvre, mais ceci est une autre histoire.) Pour revenir à notre mouton Yannis, il est si persuadé qu’il reste du bon dans le monde qu’il le catalyse autour de lui. Sa naïveté lui joue parfois des tours mais il sait s’en extraire, pourtant son acceptation n’est pas seulement de la résignation. Il est souvent décrit comme beau et il ne manque pas d’attirer l’attention des filles qu’il rencontre. Cela ravira d’ailleurs probablement les lectrices un peu fleur bleue… (pas trop de licornes ni de paillettes mais c’est l’apocalypse, on n’est pas la pour ça !) N’oublions pas que les héros sont avant tout des adolescents aux hormones en folie que la peur de mourir a vite fait de catalyser ! Ceci dit, « la vie d’avant » de Yannis n’étais pas facile, son histoire pose aussi la question de la redistribution des cartes et de nos différences sociales qui perdent leur raison d’être dans ce contexte.

Le duo Stéphane/Yannis fonctionne en tandem, même si la lecture de l’un complète l’histoire de l’autre, je pense qu’un lecteur qui n’accrocherait pas particulièrement pourrait se lasser au deuxième livre. En revanche, Après avoir lu Stéphane en premier, j’étais intriguée par « les fantômes » de Yannis. Il en parle beaucoup mais du point de vue des autres personnages, on ne sait jamais s’il s’agit d’hallucinations, de métaphores ou de formes vaporeuses qu’il serait le seul à voir… Rien que pour ça, je trouve que ça valait la peine de découvrir son histoire. Je te laisse trouver la réponse par toi-même !

Jules et Koridwen

Je t’avoue qu’au début Jules était vraiment le personnage qui m’attirait le moins. Peut-être que j’avais été influencée par sa note un peu plus basse que celles des autres tomes sur livreaddict. Pour être même tout à fait honnête, je l’avais intercalé à la troisième place pour faire une pause, un genre d’intermède à relire la même histoire avant Koridwen qui m’attirait beaucoup plus. Bien que je n’ai effectivement pas autant de choses à dire que sur Yannis, l’histoire de Jules a véritablement son importance. Parce qu’il est le seul à s’intégrer à une communauté et que son expérience est unique, parce qu’il est à Paris depuis le début de la catastrophe, parce qu’il est celui qui rencontre une petite fille très particulière et devient le gardien, à travers elle de LA solution. Jules est un garçon simple et c’est peut-être lui qui nous ressemble le plus et qui a les réactions les plus réalistes. Il porte en lui cette forme de banalité qui rend chaque acte anodin exceptionnel. Jules, ne vit pas une aventure particulièrement folle mais il décrit bien ce à quoi pourrait ressembler la vie quotidienne dans « l’après ». Et puis, à son insu, et en apercevant régulièrement Koridwen, il m’a encore plus donné envie de lire le dernier tome.

L’histoire de Jules est Koridwen est moins intimement liée que celle des deux autres adolescents. L’un appartient déjà à une communauté et la seconde est persuadée qu’elle entraîne la mort de tous ceux que l’approchent. L’histoire de la jeune bretonne est rythmée par une comptine de son pays, qui est d’ailleurs dans sa version complète en annexe du livre. La frontière entre magie, science et coïncidences est sans cesse troublée. Je crois bien qu’elle a été et reste toujours le personnage le plus mystérieux pour moi. Par dessus tout, je trouve qu’elle n’a rien à voir avec ce qu’on aperçoit d’elle au travers du récit des autres héros. Sache que Koridwen a des atouts, des interrogations et une (ou plusieurs ?) bonne étoile. Sa grand-mère, pourtant décédée est omniprésente et la guide, ou du moins le croit-elle.Bref, Koridwen la solitaire mêle normalité et héroïsme. Chaque personnage a sa propre fin : espoir, résignation, reconstruction. Celle de Koridwen est parfaite pour clore cette quadrilogie. Mais je n’ose pas t’en dire plus, tant j’ai peur de dévoiler son récit …

Et un jour on referme le dernier livre…

Pour conclure, J’ai passé un très bon moment avec Stéphane, Yannis, Jules et Koridwen. On y retrouve les codes des dystopies apocalyptiques et on devient progressivement omniscient. J’ai une impression d’accomplissement : j’ai vraiment fait le tour des différentes scènes. Découvrir quatre caractères différents, quatre histoires parallèles et les pensées parfois si mal interprétées était grisant. Je pense que chacun peut s’y retrouver, les plus jeunes apprécieront de s’identifier aux héros qui ont entre 15 et 18 ans, les un-peu-plus-grands dont je fait partie, oublierons rapidement que les héros sont si jeunes tant leurs réflexions et leurs réactions sont riches et mûres. Bref, tu n’as plus d’excuse pour ne pas lire au moins un des quatre tomes, que ce soit pour l’histoire ou pour l’expérience littéraire brillamment menée par ces quatre auteurs.

Et puis, si d’aventure tu as envie de me dire ce que tu en as pensé, n’hésite pas à laisser un petit mot !

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2 réflexions au sujet de « U4 #2 suite et fin »

  1. Comme tu me donnes encore plus envie de lire !!! Pour le moment je ne les ai pas trouvé en ebook mais je vais un peu mieux me pencher sur la question car ça me tente vraiment vraiment. Je te dirais ce que j’en ai pensé.

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